Il y a tout juste 60 ans, ils avaient 60 ans !

Partageons avec nos anciens combattants les retrouvailles de 1955. D’année en année le rituel est le même : discours, banquet, chansons et photo-souvenir.

La Classe 15

 Classe 1915 en 1955 • Collection Paulette Ducol 

Debout, de gauche à droite :
1 – Louis CHATRON • 2 – Charles BERTRAND • 3 – Gabriel DELHOMME • 4 – Jean VERGNE • 5 – Lucien SEUX • 6 – Marc PIGEON • 7 – Charles OCTRUE

Assis, de gauche à droite :
8 – Marius FINCKBONNER • 9 – Jean-Marie PALAYER • 10 – Jean JUILLAT • 11 – Jules SEUX • 12 – Adrien CHIROL • 13 – Paul GRENOUILLAT

Quel appétit !

Le banquet a lieu au restaurant CHATRON sur la place de l’Église. Louis CHATRON est un des leurs. C’est son épouse Louise qui est aux fourneaux.

Cliquez pour consulter le menu. 

Menu du banquet de 1955 • Collection Sylvette David

Sur un air connu…

Jean Vergne a gardé les chansons qu’il avait préparées pour la circonstance. Elles reflètent l’attachement de ces hommes à leur village et finissent par une note humoristique.

Si vous ne connaissez pas les airs sur lesquels ces chansons ont été entonnées par nos anciens, cliquez sur les images pour les entendre avec les paroles d’origine.

Temps_des_cerises

Quintenas, mon petit village

À chanter sur l’air du Temps des cerises
Cliquez sur l’image pour écouter et découvrir l’histoire de cette chanson (musique à partir de la 20e sec.)

I

Lorsque je revois le petit village
Où j’ai dans les champs et dans les prés verts
Passé mon enfance
Les vieux souvenirs de mon existence
Reviennent nombreux, joyeux ou amers.
Lorsque je revois le petit village
Beaucoup ne sont plus dans les grands prés verts.

II

J’aime à te revoir, ô ma vieille église
Et toi, vieux clocher qui sonna gentiment
Un jour mon baptême.
Noble monument du passé je t’aime
D’un amour profond sincère et fervent ;
J’aime à te revoir, ô ma vieille église
Et toi, vieux clocher qui sonne gaîment.

III

Et peut-être un jour de ta voix de bronze
Ô mon vieux clocher, pleurant mon trépas
Au petit village
Tu diras à tous que plein de courage
Est mort un enfant du vieux Quintenas.
Et voilà qu’un jour, de ta voix de bronze
Les sanglots diront à tous mon trépas.

IV

Mais le souvenir du petit village
Ne mourra jamais au fond de mon cœur
Qui l’aima sans cesse.
Je t’avais quitté depuis ma jeunesse,
Ô vieux Quintenas, je fus voyageur…
Mais le souvenir du petit village
Ne mourra jamais au fond de mon cœur.

 

Petite_EgliseL’église et le clocher de Quintenas

À chanter sur l’air de La petite église
Cliquez sur l’image pour écouter cette chanson.

 

I

Il est une église ancienne et solide
Dont le vieux clocher s’élève splendide,
C’est l’église de Quintenas.
Depuis sept cents ans la voix de ses cloches
Rassemble les gens, de Dieu les rapproche
Et sonne leur glas.

II

La voix du clocher, depuis sept cents ans,
Dans la vieille église appelle les gens.
Ils y vinrent pour se défendre
Avec ses créneaux, ses mâchicoulis,
Elle résista, soutint les défis,
Sans jamais se plaindre.

III

Voix du vieux clocher, pleine de tendresse,
Tu pleuras leurs deuils, tu chantas leurs liesses
Parlant doucement à leur cœur.
Tu carillonnas pour leurs beaux dimanches
Pour leur mariage en toilettes blanches
et parmi les fleurs.

IV

Au milieu des champs, jusqu’au fond des bois,
Les gens du village entendent ta voix,
Ils l’écoutent dans leurs chaumières ;
Et, se redressant dans leurs durs travaux,
Dans leur coin de vigne et dans les hameaux,
Font une prière.

V

Tu sonnais déjà de ta voix profonde
Lorsque à Domrémy Jeanne vint au monde,
Ramenant à nous les succès.
Depuis Quintenas jusqu’à la Lorraine
Sonnez vieux clochers d’une voix sereine
Pour tous les Français.

VI

Et sonne toujours depuis sept cents ans
Pour nos villages, pour nos paysans
Ta belle chanson d’espérance.
Chante leurs berceaux, pleure leurs trépas,
Pleure les enfants du vieux Quintenas
Morts pour la France.

 

Tout_LPaysTout l’pays l’a su

Pastiche de la chanson interprétée par Alibert

Cliquez sur la flèche pour entendre cette chanson.

 

I

On bavarde au p’tit village
Au villag’ de Quintenas.
On y fait des commérages
Et les langu’s n’y chôment pas.
Ainsi pour notr’ soixantaine
Nous voulions en grand secret
Avant la vendang’ prochaine
Faire ensemble, faire ensemble un joli banquet !

II

Monsieur Chatron l’a dit à tout’ la classe
Et les conscrits en rentrant au hameau
Ont dit la même chose à chaqu’ personn’ qui passe
Et chaqu’ personn’ l’a redit à nouveau.
Et le facteur en faisant sa tournée
En a parlé chez ceux qui l’ont reçu.
Les femm’s l’ont dit pendant toute la journée
Et c’est comme ça que tout l’ pays l’a su.

III

Parfois la vieill’ Madeleine,
Pour avoir un peu plus d’lait
Puis’ de l’eau dans sa fontaine
Puis son p’tit mélange ell’ fait.
Au laitier, ell’ dit contente
« Voilà du bon lait pour vous ! »
Il est bon, pourtant vieill’ tante,
J’y ai trouvé, j’y ai trouvé trois beaux gargouillous !

IV

Madam’ Chatron l’a dit à l’épicière
Et l’épicièr’ l’a dit au forgeron ;
Le forgeron l’a dit à la postière
Et la postière l’a redit au charron.
Vit’ le charron l’a dit à Monsieur l’ Maire
Et Monsieur l’ Maire l’a dit au père Ningu ;
Le pèr’ Ningu l’a redit aux commères
Et c’est comme ça que tout l’ pays l’a su.

V

L’an passé, le pèr’ Labique,
Lorsque sa tine il « gauchait »,
Eut soudain la grosse colique,
Sentit que tout il lâchait.
Il se dit : Comm’ c’est dommage !
Mon vin ne sera pas bon.
Pourvu que dans tout l’ village
On n’ raconte, on n’ racont’ pas cette chanson !

VI

L’ami Gustou l’a dit sous les platanes,
Le vieux Julou l’a dit au Marthouret,
La mèr’ Fifi l’a dit à Longetane,
Le pèr’ Milou l’a dit à Chizaret,
Madam’ Béry l’a dit dans sa campagne,
Et la Titin’ l’a dit à Seytenas ;
Lise, au lavoir, l’a dit à ses compagnes,
Et tout le mond’ l’a su dans Quintenas.