Augustin Bouchet (1833-1916)

Forgeron, demeurant 5 Grande Rue, chez son gendre Pierre Cécillon.

“En été, la vie de ce village de sept cent cinquante habitants s’éveillait avec le jour au chant du coq, et aux premiers coups de marteau sur son enclume du maréchal-ferrant, sur la place du Pontet. C’était le vieux père Bouchet qui apparaissait bientôt, son brûle-gueule entre les dents, attendant que son voisin le cafetier Guigal ait ouvert son estaminet, pour aller boire son verre de marc quotidien.

Tout à côté du bureau de poste, c’est le père Bouchet, dont on a déjà parlé, l’un des deux maréchaux-ferrants du village.

Il était le réveille-matin du quartier. Dès l’aube, en été, ses notes métalliques, aux cadences variées, tombaient dans le silence, tandis que les étincelles jaillissaient entre le marteau et l’enclume. Il se dégourdissait ainsi les membres, en attendant que les portes du café voisin fussent ouvertes.

On le voyait alors sortir de son antre : petite silhouette noire, coiffé d’un chapeau de feutre vaste comme un parapluie, sa pipe entre les dents, il se dirigeait à petits pas vers le café voisin où l’attendait, servi d’avance, son petit verre.

Il était déjà très vieux, mais tout le monde savait qu’il tiendrait le coup aussi longtemps que rien ne l’empêcherait de faire sa sortie matinale et sa petite visite à son voisin. Ce voisin, c’est Jules Guigal, dit “Chanard”, qui tient l’autre café, juste en face de son collègue Perriol.

Extrait des Souvenirs d’Auguste Rama

“Il a gelé la nuit dernière mais le temps est clair et le soleil brillant. On a enterré le vieux père Bouchet.”

Lettre d’Urbain Vergne de Montjoux à son fils Jean, soldat au 415e R.I., le 6 février 1916

 

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