Le père Bruyère

Jean Pierre Bruyère (~1812-1895)

Cultivateur, demeurant aux Pillats, 5 rue des Écoles.

Photo Collection Michel Deschaux

“Ce bon vieux, asthmatique au point de ne pouvoir faire cinquante mètres sans s’arrêter, ne manquait pas de nous interpeller au passage quand l’occasion se présentait.

Le dos appuyé au mur de clôture de notre prairie, près de la croix, les deux mains appuyées sur sa canne, il reprenait souffle, et nous parlait de notre grand-père[1].

Que de fois, rabâchant un peu, il nous avait recommandé de ressembler à notre père, grand-père et arrière-grand-père.”

“La famille Bruyère était à la tête d’une bonne petite propriété, avec une écurie de quatre ou cinq vaches.

Le vieux père, quatre-vingts ou quatre-vingt-cinq ans, tout courbé, descendait souvent à petits pas, son bâton à la main, le chemin du Pilliat longeant la prairie où nous gardions nos vaches, et s’arrêtait à notre hauteur pour reprendre souffle et entamer une conversation. Il souffrait d’un fort emphysème qui lui rendait la marche très pénible : de loin on reconnaissait sa respiration sifflante.

Il aimait ainsi babiller avec quiconque se trouvait sur son passage. En rabâchant un peu, il se plaisait à nous parler du temps passé, de sa famille, et surtout de notre arrière-grand-père François Rama[2], qu’il avait connu longtemps, et qu’il nous dépeignait comme un parfait brave homme, qui regrettait tant de n’avoir eu qu’un enfant – notre grand-père – malgré ses deux mariages.

Extrait des Souvenirs d’Auguste Rama

[1] Joseph Rama (1818-1892)

[2] François Rama (1784-1876)

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