Histoire de nos écoles

  • Ecole St-Joseph - Collection Brigitte Guirronnet
  • L'église avant 1874 - Collection AD Ardèche CPA Quintenas 010F

Nous ne savons pas exactement à quelle date remonte la création d’une école à Quintenas ; la première mention concerne l’achat d’un bâtiment en 1733. Nous avons pu constater que, depuis près de trois siècles, les écoles de Quintenas reflètent bien l’évolution de l’enseignement au niveau national. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, elles aussi ont été marquées par le clivage entre écoles religieuses et écoles laïques.

Nous avons bénéficié de l’énorme travail de recherche effectué par Mme Taupier-Letage et Michel Heyraud dans le cadre d’une conférence qu’ils avaient donnée à la Bibliothèque de Quintenas. Nous les remercions chaleureusement pour la transmission de toutes les informations qu’ils avaient recueillies.

Les grandes étapes du système éducatif français

Entre la fin du Ve siècle et la fin du XVIe notre système d’éducation s’est peu à peu mis en place.

Les universités de Paris et Montpellier ont été créées dès 1150. Au cours du Moyen Âge d’autres formes d’éducation se sont développées, des petites écoles dans de simples villages, des précepteurs privés dans les familles nobles, des collèges urbains (séminaires) gérés par les ordres religieux. Presque tous les maîtres d’école étaient alors des gens d’église, l’enseignement et l’éducation religieuse étant étroitement liés.

Le Concile de Trente prescrit d’améliorer la formation et l’éducation de tout le clergé en créant les séminaires, où les étudiants vivraient en communauté sous le contrôle direct d’éducateurs prêtres. Comme l’apprentissage de la lecture n’était pas encore universel, il a fallu créer des petits séminaires pour préparer les jeunes garçons à suivre l’enseignement du séminaire.

De rares « petites écoles » existent, créées par des congrégations ou des donateurs privés, dans notre région ce sont les Frères des Écoles Chrétiennes et les Sœurs de Saint Joseph. On y enseigne la lecture et le chant, la civilité, l’écriture et le calcul.

Louis XIV veut rendre l’école obligatoire dans toutes les paroisses. Il place l’intégralité des écoles entre les mains du clergé. Le maître d’école est le curé, le vicaire ou le bedeau. La loi ne sera pas appliquée.

La Révolution dissout les congrégations religieuses. La Constitution prévoit l’instruction publique gratuite et pour tous. Cette loi aussi ne sera pas appliquée, faute de moyens.

Dès 1795 les instituteurs doivent être payés par les communes. Seuls les religieux qui auront prêté serment à la Constitution pourront enseigner.

Napoléon définit une administration centralisée de l’enseignement (académies avec recteur et inspecteurs, grades pour enseigner, création des lycées). Il autorise à nouveau les congrégations religieuses à enseigner. L’Église accepte le monopole de l’enseignement selon les termes du Concordat.

Une ordonnance royale impose une norme technique en exigeant un « Brevet de capacité » pour les instituteurs.

Elle représente la première grande intervention de la puissance publique depuis la Révolution. Elle impose une école de garçons dans les communes de plus de 500 habitants et une école normale dans chaque département. La charge financière de l’école primaire est laissée aux communes. L’instruction morale et religieuse y est obligatoire.

À cette date seulement un tiers des communes avait une école. En 1830 le nombre de conscrits illettrés dépasse 55% alors qu’en 1910 il sera inférieur à 5%.

La loi Duruy décide que les instituteurs des écoles publiques seront des laïcs, et impose l’ouverture d’une école de filles dans les communes de plus de 500 habitants. Il n’y a plus que 2 % des communes qui n’ont pas d’école.

Sous l’impulsion de Jules Ferry différentes lois instaurent la gratuité de l’enseignement primaire public et instituent l’obligation scolaire jusqu’à 13 ans. Elles distinguent les écoles publiques (appelées communales) fondées et entretenues par l’État, les départements ou les communes et les écoles privées fondées et entretenues par des particuliers ou des associations.

Cette loi impose, entre autres, la neutralité de l’école publique et l’abandon de l’éducation religieuse qui n’est autorisée que les jours de repos et en dehors de l’école. La morale laïque, l’universalité des valeurs républicaines, l’enseignement des droits et devoirs des citoyens remplacent le cathéchisme.

La loi sur les associations promulguée par le cabinet de Pierre Waldeck-Rousseau prévoit la liberté de création des associations mais instaure un régime d’exception pour les congrégations religieuses. Les congrégations doivent être autorisées par une loi et peuvent être dissoute par un simple décret. La plupart des congrégations déposent leur demande d’autorisation. Celles qui s’y sont refusées sont dissoutes en octobre 1901. En janvier 1902, le Conseil d’État déclare que l’autorisation préalable nécessaire aux congrégations s’imposera désormais à toute école dans laquelle enseignent des congréganistes, quel que soit leur nombre.